Sur les traces de Georges de La Tour : où voir ses chefs-d’œuvre en France et ailleurs ?

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06/08/2025

Georges de La Tour : l’éclipse et la renaissance d’un génie lorrain

Né en 1593 à Vic-sur-Seille, Georges de La Tour grandit et peint la majeure partie de sa vie en Lorraine. Victime de l’oubli, son œuvre reste dans l’ombre jusqu’à sa redécouverte par l’historien Hermann Voss en 1915 (Louvre.fr). Aujourd’hui, environ 48 tableaux lui sont attribués avec certitude, dont une majorité sont conservés dans des collections publiques françaises et étrangères. Les œuvres signées de La Tour figurent aussi bien dans les musées prestigieux que dans des collections moins attendues, parfois accessibles lors d’expositions temporaires marquantes.

Les principaux musées français où admirer Georges de La Tour

Le Musée du Louvre, Paris

Impossible d’évoquer la présence de La Tour sans mentionner l’un de ses points d’ancrage parisiens : le Louvre. Le musée conserve l’une des plus belles collections publiques du peintre, soit quatre toiles majeures :

  • Saint Joseph charpentier (1642) : la magie du clair-obscur en pleine action.
  • La Madeleine à la veilleuse (v. 1640-1645) : motif iconique de la repentance entre les ombres et la lumière.
  • L’Adoration des bergers (v. 1644) : chef-d’œuvre nocturne exécuté pour le duc de La Ferté-Senneterre.
  • Saint Thomas (vers 1639) : redécouvert et entré tardivement dans la collection du musée.

Le Louvre a longtemps disputé son hégémonie muséale sur La Tour, accueillant également des expositions temporaires qui déplacent les foules, comme celle de 1972 qui marquera la reconnaissance internationale du peintre.

La Lorraine, terre natale : Nancy et Vic-sur-Seille

  • Musée des Beaux-Arts de Nancy :
    • Saint Jean-Baptiste dans le désert
    • L’Apparition de l’ange à saint Joseph
    • Saint Jérôme pénitent (acquis en 2016, attaché à l’histoire messine)

    Nancy détient la plus grande collection municipale du peintre, qui attire chaque année plusieurs milliers d’admirateurs. En 2016, le musée obtient le label "Musée de France" pour la qualité de sa conservation de La Tour.

  • Musée départemental Georges-de-La-Tour (Vic-sur-Seille) :
    • Tableaux majeurs Saint Jean-Baptiste dans le désert et Sainte Madeleine pénitente, accrochés au cœur du pays natal du peintre.

    Petit musée, mais immense référence pour les passionnés qui souhaitent associer patrimoine local et découverte des origines du maître.

Focus sur les œuvres dispersées dans d'autres musées français

Si les pointes d’ancrage sont solidement lorraines et parisiennes, quelques autres institutions françaises présentent de temps à autre des œuvres du maître, telles que le Musée des Beaux-Arts de Rennes (propriétaire de la célèbre Nouvelle-née) ou encore le Musée des Beaux-Arts de Orléans.

Au-delà des frontières françaises : un parcours international

Alors que La Tour fut longtemps considéré comme un trésor national, certaines de ses toiles voyagent ou résideront à l’étranger, confiées à des musées majeurs.

Le Royaume-Uni et l’Allemagne

  • The National Gallery, Londres :
    • Le Tricheur à l’as de carreau : tableau-choc, jadis propriété de la famille Rothschild, acquis par le musée en 1972. Cette scène de jeu et de tromperie est l’un des tableaux les plus prisés par les amateurs de clair-obscur.
  • Gemäldegalerie, Berlin :
    • Le Vielleur (The Hurdy-Gurdy Player) : une étonnante représentation de la pauvreté rurale du 17 siècle, longtemps attribuée à un cercle caravagesque avant d’être réattribuée à La Tour dans les années 2000 (Gemäldegalerie Berlin).

L’Italie et l’Espagne : un détour méditerranéen

  • Musée du Prado, Madrid :
    • L’adoration des bergers : prêt exceptionnel du Louvre pour l’exposition “Georges de La Tour. 1593–1652” en 2016, ayant rencontré un succès retentissant – près de 200 000 visiteurs.
  • Palerme (Galerie régionale de Sicile) :
    • Sainte Madeleine pénitente : une variante italienne, rendue célèbre récemment par des débats sur son attribution définitive.

Les États-Unis et l’émerveillement américain

Résolument mondial, le mythe de La Tour s’ancre aussi fermement outre-Atlantique. Trois institutions majeures conservent et exposent quasiment en permanence ses œuvres :

  • The Metropolitan Museum of Art, New York :
    • The Fortune Teller (La Diseuse de bonne aventure, v. 1630) : aquise en 1960, l’une des pièces les plus populaires de la collection européenne, source inépuisable d’études sur le naturalisme et la composition.
  • Los Angeles County Museum of Art :
    • Magdalene with the Smoking Flame : chef-d’œuvre du répertoire méditatif du peintre, exemplaire du “cycle des Madeleines”.
  • J. Paul Getty Museum, Los Angeles :
    • Saint Jerome Reading (v. 1629–1630), vendu aux enchères en 1975 et achetée immédiatement par le Getty, s’incluant dans un parcours muséal très prisé des passionnés de peinture baroque (Getty.edu).

Les œuvres majeures hors musées : collections privées et circulations temporaires

Impossible de dresser la liste complète sans mentionner le rôle crucial des ventes et des prêts temporaires. Une poignée de chefs-d’œuvre de La Tour demeurent la propriété de grandes familles, et sont parfois prêtés dans le cadre d’expositions itinérantes (ex. : “Georges de La Tour: Vie et Ombre”, Musée des Beaux-Arts de Lyon, 2014).

  • Parfois, une toile attribuée au maître lorrain réapparaît au détour d’une acquisition majeure : ainsi la “Jeune chanteuse dans une église”, vue en exposition au Musée d’Arts de Nantes en 2011.
  • Les musées américains et britanniques s’échangent également les tableaux lors d’expositions temporaires ou commémoratives, qui offrent une occasion unique de voir réunis plusieurs chefs-d’œuvre dispersés dans le monde.

Des anecdotes et chiffres-clés sur la redécouverte de La Tour

  • Lors de son identification par Hermann Voss en 1915, seuls cinq tableaux lui étaient alors attribués. Aujourd’hui, près de 48, mais la question des attributions continue d’alimenter recherches et polémiques.
  • En 2020, une exposition événement au musée de Toulouse réunissait six toiles du maître, un exploit inédit en France depuis vingt ans (Arts-in-the-city.com).
  • En 2016, la France compte 36 œuvres conservées dans ses collections publiques (source : Service des Musées de France), majoritairement en Lorraine, mais aussi en Île-de-France, Bretagne et Centre-Val de Loire.
  • Les ventes aux enchères pour une Madeleine ou un Saint Joseph de La Tour dépassent régulièrement les 5 millions d’euros, ce qui classe La Tour parmi les peintres français les plus cotés du XVII siècle à l’international.

Pourquoi La Tour fascine-t-il encore aujourd’hui ?

L’attrait universel de La Tour tient à la rareté de son œuvre, à la puissance évocatrice de ses nocturnes et à la poésie silencieuse qui s’en dégage. Son répertoire, oscillant entre scènes profanes et intimité sacrée, rassemble aussi bien les amateurs d’histoire de l’art que les passionnés de lumière et de mystère. Enfin, le jeu permanent entre collection publique, circulation internationale et découvertes inattendues fait de tout déplacement la promesse d’une rencontre unique avec le maître lorrain. Pour qui arpente Metz, la Lorraine ou les capitales artistiques, chaque visite se transforme en véritable chasse au trésor – et offre le plaisir rare d’un face-à-face intime avec l’un des plus grands peintres français.

Pour suivre l’actualité des expositions et ne rien manquer des voyages de ces chefs-d’œuvre, il est conseillé de consulter régulièrement les sites institutionnels des musées cités et de guetter les futures rétrospectives consacrées à Georges de La Tour dans le monde.

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